Laura Laufer est l'auteur du livre Jacques Tati ou le temps des loisirs, publié aux Editions de l'If.

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création graphique © atelier du nomansland
Mémoire de cinéma au Rex de Châtenay-Malabry, 18 novembre à 20h. Les amants crucifiés de Kenji Mizoguchi









La prochaine séance de Mémoire de cinéma aura lieu mardi 18 novembre prochain au Rex de Châtenay-Malabry : 364 Avenue de la Division Leclerc, 92290 Châtenay-Malabry. Tél. : 01 40 83 19 73 - Parking gratuit. Arrêt : Butte rouge- Bus 195 ou 194

J’aurai le plaisir de vous présenter Les amants crucifiés (Chikamatsu Monogatari) de Kenji MIZOGUCHI, séance suivie d’un débat.

Les séances de Mémoire de cinéma suivantes reprendront, comme les années précédentes, le dernier mardi du mois. Le cycle de rencontres Mémoire de Cinéma offre aux spectateurs la découverte ou redécouverte de films qui ont marqué l’histoire du 7ème Art. A la fin des séances, une discussion permet de croiser les regards sur ces œuvres, sur leur apport aux formes cinématographiques et la manière dont, aujourd’hui encore, elles nous parlent.

Pour chaque séance du cycle, venez à deux : une place achetée = la deuxième est offerte !


Les amants crucifiés-Clip

Les amants crucifiés (Chikamatsu Monogatari) un magnifique film de Kenji MIZOGUCHI (1954) avec Kazuo HASEGAWA, Kyoko KAWAGA, Eitaro SHINDO…

- L’histoire :
Kyoto, XVIIIe siècle : Ishun (Eitaro Shindo) grand imprimeur du Palais impérial, maître d’une maison prospère, mais convoitée ne dépense que pour la luxure. Il refuse à son épouse Osan (Kyoko Kagawa), l’argent nécessaire pour éviter la saisie des biens de la famille de celle-ci. Osan se tourne vers Mohei (Kazuo Hasegawa), premier ouvrier d’Ishun pour lui demander un prêt. Mohei qui aime en secret Osan utilise le sceau de l’imprimeur pour obtenir l’argent. Le geste découvert et avoué, Ishun fait enfermer Mohei. Parvenu à s’échapper il est surpris par un concours de circonstances auprès d’Osan dans une situation équivoque. Il fuit. Compromise, mais irréprochable, lassée par l’infidélité de son mari, Osan quitte le foyer conjugal. Mohei va lui déclarer son amour malgré leur différence de classes…

- 

Ce récit, inspiré du grand dramaturge Chikamatsu Monzaemon, se situe à l’époque d’Edo, quand l’adultère était puni de crucifixion. Tout ici commence par la prospérité et finit dans la ruine. L’argent, détermine toute la pyramide sociale des castes, des codes et des lois. Il déclenche et clôt le drame.

Dans une chaîne d’événements qui les emporte, d’abord malgré eux, Osan et Mohei deviennent amants. La force de leur amour les dressera contre l’ordre social et familial et en pleine conscience, ils transgresseront les interdits et rompront toute chaîne pour vivre leur passion. L’amour apparaît ici à la face du monde comme la révolte suprême et son impact rejaillit en cascade sur tout l’environnement des deux amants. Mizoguchi comme un Balzac le ferait, montre comment l’adultère déclenche le déshonneur, la honte et la faillite sur les familles d’Osan et de Mohei, mais aussi comment il offre aux rapaces qui convoitent la richesse de profiter de l’opprobre pour s’assurer des victoires.

Poétique des corps et de leurs mouvements, Mizoguchi filme les amants d’abord séparés, puis rapprochés et enfin unis en harmonie dans les élans irrépressibles de la passion. Pourchassés, traqués, répudiés et bientôt ligotés, c’est dans la liberté et le bonheur trouvés au sein même de l’amour que les deux amants marcheront unis et heureux au supplice.

Intense et tragique, ce film doit tout à un artiste que nous croyons parmi les plus grands. Tant dans la direction des acteurs, la beauté de la photographie, la profondeur de champ, la complexité des cadrages et des mouvements de caméra, Kenji Mizoguchi par son extrême exigence donne à l’art cinématographique une perfection peu égalée.
- Laura LAUFER

Mémoire de cinéma est programmé et animé par Laura LAUFER.
Cette saison, nous verrons Les amants crucifiés de Kenji Mizoguchi,
Europe 51 de Roberto Rossellini, La chambre verte de François Truffaut, La prisonnière du désert de John Ford, Brigadoon de Vincente Minnelli, Toni de Jean Renoir, Chéri je me sens rajeunir de Howard Hawks, Fury de Fritz Lang, L’ange exterminateur de Luis Buñuel.